L’identité par défaut, ou le costume qu’on n’a pas choisi

Il y a un moment, dans la vie d’une entrepreneuse, où elle relit sa bio LinkedIn et se dit : « Mais c’est qui, cette personne ? ». La bio est parfaite. Les mots sont exactement ceux qu’il faut. L’expertise est là, les certifications aussi. Et pourtant — quelque chose sonne creux. Comme si c’était le profil de quelqu’un d’autre, quelqu’un de très proche, mais pas tout à fait elle.

Ce n’est pas un problème de copywriting. C’est un problème d’identité.

Pas l’identité au sens grande-question-existentielle-du-dimanche-soir. L’identité au sens pratique : la somme des choix qu’on fait, quotidiennement, sur qui on est en train d’être. Et là, bizarrement, beaucoup d’entre nous découvrent qu’elles n’ont jamais vraiment… choisi. Elles ont hérité. Elles sont adaptées. Elles ont optimisé. Mais choisir — délibérément, en connaissance de cause — pas tellement.

 

L’identité comme verbe (et pas comme nom)

La psychologie contemporaine — notamment les travaux sur l’identité narrative d’Alfred Adler ou les recherches de Brene Brown sur l’authenticité — propose une vision de l’identité non pas comme une essence fixe (« je suis comme ça ») mais comme une pratique continue (« je choisis d’être comme ça »).

En clair : l’identité n’est pas ce que tu es. C’est ce que tu décides d’être, jour après jour, décision après décision.

Et ça change tout. Parce que si l’identité est un nom — un état, une donnée, quelque chose qu’on a ou qu’on n’a pas — on ne peut pas vraiment agir dessus. Mais si c’est un verbe — un choix, une direction, un engagement répété — alors chaque journée devient une occasion de l’incarner ou de la trahir.

« Ce que tu es ne se lit pas dans ta bio. Ça se lit dans ce que tu choisis quand personne ne regarde. »

 

Le gap entre l’identité affichée et l’identité vécue

Voici une expérience que j’adore faire en séance. Je demande à quelqu’un de me décrire qui elle est, professionnellement. Elle me parle de son expertise, de ses clients, de sa valeur ajoutée. Tout ça, c’est l’identité affichée — celle qu’elle montre au monde.

Ensuite je pose une deuxième question : « Et dans ta dernière semaine de travail — quelles décisions as-tu prises qui réfléchissent vraiment qui tu es ? »

Silence. Souvent un peu long. Parce que cette question n’est pas sur ce qu’elle produit — c’est sur qui elle a été pendant qu’elle le produisait.

Et parfois, la réponse est inconfortable. Parce que la semaine passée, elle a accepté un client qu’elle ne voulait pas prendre. Elle a dit oui alors que son corps disait non. Elle travaille sur un projet qui ne lui ressemble pas, pour des raisons financières ou de peur du vide. Rien de grave — mais rien non plus qui reflète vraiment l’identité qu’elle affiche.

C’est ce que j’appelle le gap identitaire. L’espace entre qui on dit être et qui on est en acte. Et ce gap, à force de s’élargir, finit par créer une fatigue très particulière : la fatigue de jouer un rôle. Lente. Sournoise.

« La fatigue la plus profonde n’est pas physique. C’est celle de ne pas être soi pendant trop longtemps. »

 

Le syndrome de l’identité par procuration

Il y a une version amusante — en rétrospective ^^— de ce phénomène que j’observe souvent. C’est ce que j’appelle l’identité par procuration.

Ça se passe comme ça : on admire quelqu’un. On lit ses livres, on suit sa formation, on imite sa posture. Et insensiblement, on commence à parler comme lui, à s’habiller comme lui, à structurer ses offres comme les siennes. Ce n’est pas de la copie consciente — c’est de l’inspiration qui a débordé. On a voulu apprendre de quelqu’un et on a fini par devenir sa version light.

Le problème ? Ça marche à moitié. Parce qu’on peut imiter le style, les outils, le vocabulaire — mais pas l’énergie. Et les clients le sentent. Il y a quelque chose qui sonne un peu faux, un peu appliqué. L’authenticité ne s’imite pas. Elle se construit, depuis l’intérieur, avec ses propres matériaux.

Et ses propres matériaux, ce sont ses valeurs, ses forces, ses expériences, ses cicatrices, sa singularité. Tout ce qu’on ne peut pas trouver dans la formation de quelqu’un d’autre.


3 questions pour identifier ton identité choisie

Pas de plan en 12 étapes cette semaine. Juste 3 questions à laisser infuser — le genre de questions qui font un peu mal mais qui libèrent quelque chose.

  • Si tu retirais complètement le besoin de plaire, de rassurer, ou de correspondre à une image — qui serais-tu ?
  • Quelle décision récente te ressemble vraiment ? Et quelle décision ne te ressemble pas du tout — mais que tu as quand même prise ?
  • Si tes clientes idéales devaient te décrire en 3 mots après avoir travaillé avec toi — quels mots voudrais-tu entendre ? Est-ce que tes actions actuelles créent des impressions ?

Ces questions n’ont pas de bonne réponse. Elles ont juste des réponses honnêtes. Et c’est ça qui compte.

 

L’identité choisie, ça s’évalue

Un des outils que j’utilise avec mes clientes pour remettre les pieds dans l’identité choisie, c’est l’auto-diagnostic. Pas pour se noter, pas pour se juger — mais pour voir. Voir où il y a un écart entre ce qu’on veut incarner et ce qu’on incarne vraiment. Voir quels piliers sont solides et lesquels sont en construction.

Parce qu’on ne peut pas ajuster ce qu’on ne voit pas. Et souvent, le simple fait de mettre des mots sur l’écart — sans drama, juste avec honnêteté — libère déjà quelque chose.

Pour aller plus loin

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